"Jeanne avait commencé son grand voyage en Amérique Latine par ce pays. A l'époque elle écoutait en boucle l'album mythique des Clash, "Sandinista!" Un disque piqué à sa mère. Les "rude boys" britanniques avaient choisi ce titre en hommage au Nicaragua et à la révolution sandiniste. Quand elle était arrivée, walkman sur les oreilles, elle s'attendait à découvrir le paradis du socialisme. Les choses avaient déjà pas mal évoluées depuis le renversement de la dictature. Le président sortant, Arnoldo Aleman, était soupçonné d'avoir détourné plus de 60% du PNB du pays. Quand au leader légendaire des sandinistes, Daniel Ortega, il était accusé d'avoir violé sa belle fille... Jeanne ne s'était pas laissée démonter par le goût amer de la réalité. Elle avait augmenté le son de "Magnificent seven" et visité le pays, des utopies plein la tête".

 

Extrait du livre de J.C Grangé, la forêt des manes.